Le commun des TCC

tree-of-life-150x150Ces quinze dernières années ont vu l’apparition -pour ne pas dire l’explosion- de nouvelles démarches en thérapie comportementale et cognitive, dans ce qui a parfois été qualifié de « 3ème vague des TCC ». Une belle salade de lettres et d’acronymes à y perdre son latin: ACT (Acceptance and Commitment Therapy -thérapie d’acceptation et d’engagement), FAP (Functional Analytic Psychotherapy – thérapie analytique fonctionnelle), MBCT (Mindfulness Based Cognitive Therapy – thérapie cognitive basée sur la pleine conscience), MBSR (Mindfulness Based Stress Reduction – réduction du stress basée sur la pleine conscience), DBT (Dialectical Behavior Therapy – thérapie dialectique comportementale), ATT (Attention Training Treatment – traitement par entrainement de l’attention), consonne, voyelle, consonne…

Et une question: qu’y a-t-il de commun à tous ces modèles thérapeutiques? En quoi appartiennent-ils encore aux TCC? Par exemple, qu’est ce qui a conduit leurs créateurs à les identifier sous une autre appellation que « thérapie comportementale et cognitive »? Les différences entre ces modèles justifient-elles qu’on les isole les uns des autres? Mennin, Ellard, Fresco & Gross (2013) ont choisi de répondre à la première question, vraisemblablement plus générale que celles se rapportant aux différences entre ces modèles thérapeutiques: quel est le socle commun à toutes ces approches? Sous le joli titre de « United we stand » (Unis!), ils proposent dans leur article de préciser ce qui rassemble les différentes approches en TCC. Et c’est finalement assez simple…

D’après les auteurs, le point commun à toute TCC est l’objectif d’aider les patients à optimiser leur adaptation aux circonstances de leur existence. C’est à dire que les TCC visent à développer les processus qui permettront à chaque individu d’être plus en adéquation pour « prospérer dans son environnement », une définition que les auteurs empruntent à un des piliers de la théorie synthétique de l’évolution, Théodore Dobjansky.

Les auteurs définissent ensuite les différents processus qui permettent d’atteindre cette adaptation à l’environnement, c’est à dire les principes de changement communs aux différentes formes de TCC:

a) une démarche active, pour créer de nouvelles expériences et de nouvelles associations entre les comportements et leurs renforçateurs

b) un changement attentionnel, qu’il consiste en l’apprentissage du maintien, du changement ou de l’élargissement de l’attention

c) un changement cognitif permettant de transformer l’interprétation des événements et leurs retentissements émotionnels.

Un bel effort de synthèse qui permet certainement d’y voir plus clair. Ne reste plus maintenant qu’à prolonger cet effort pour définir précisément ce qui différencie les approches en TCC, afin d’extraire les ingrédients les plus efficaces de chacune d’entre-elles.

Télécharger l’article original.

Mennin, D. S., Ellard, K. K., Fresco, D. M., & Gross, J. J. (2013). United We Stand: Emphasizing Commonalities Across Cognitive-Behavioral Therapies. Behavior therapy, 44, 234-248.

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