Prendre conscience de ses jugements sur les patients pour éviter le burn-out

jugement le doigtLe regard que nous portons sur les patients a une influence sur notre bien être au travail. Dans une étude mesurant les attitudes implicites, Amanda Kelly et Dermot Barnes-Holmes de l’université de Maynooth en Irlande ont évalué les liens entre les jugements de thérapeutes et d’enseignants à propos des enfants souffrant d’autisme dont ils s’occupent et leur tendance à souffrir de burn-out. Grâce à une procédure d’évaluation basée sur le temps de réaction (l’IRAP), ils ont estimé la tendance à qualifier les enfants souffrant d’autisme en des termes positifs (joyeux) ou négatifs (triste, difficile).

Les résultats montrent que tous les participants testés présentent un biais négatif envers les enfants souffrant d’autisme, en comparaison des enfants au développement normal. Parmi ces professionnels, ceux présentant un biais plus marqué vers des jugements négatifs sont également ceux souffrant le plus souvent de burn-out.

Clairement, une des voies pour augmenter la prise en compte de ces jugements implicites, et ainsi lutter contre le burn-out des soignants, est de leur porter une plus grande attention, et de réaliser un travail de distanciation et de défusion de ces jugements.

La première étape dans cette voie est bien sûr d’accepter l’existence de ces jugements, de pouvoir en parler entre professionnels, même si on n’est pas très fier de les observer chez soi.

Faites le pour eux, et pour vous !

L’article complet est disponible en ligne

Source: Kelly, A., & Barnes-Holmes, D. (2013). Implicit attitudes towards children with autism versus normally developing children as predictors of professional burnout and psychopathology. Research in developmental disabilities34(1), 17-28.

2 comments for “Prendre conscience de ses jugements sur les patients pour éviter le burn-out

  1. 18 février 2014 at 11 h 22 min

    Je n’ai pas (encore) lu l’article d’origine, mais je me permets quand-même cette question: comment les auteurs ont ils pu conclure qu’il s’agit d’un lien de cause à effet, à partir de ce qui me semble surtout un lien de correlation?

    Car cela ne serait pas étonnant que l’inverse s’applique aussi: ceux qui ont plus d’expériences négatives développent un biais négatif…

    • 24 février 2014 at 14 h 26 min

      Très bonne question!
      En l’occurrence, il s’agit bien d’une causalité et non d’une corrélation (les auteurs ont utilisé des analyses de régression multiples).
      Mais ils n’ont cependant pas testé l’effet inverse auquel tu fais référence ;)

Poster un commentaire