La cohérence et le sens de l’existence

AutumnyRedonner du sens à l’existence est un des objectifs de l’ACT, au travers du travail sur les valeurs. On cherche à aider les patients à se remettre en contact avec ce qui les fait vibrer, avec ce qui les anime. Mais on sait assez peu d’où viennent ces valeurs, ou plus précisément, ce qui les caractérise.
On sait en revanche que la cohérence est un puissant renforçateur pour l’être humain. Nous aimons que les choses paraissent logiques, car elles sont alors plus prévisibles et nous permettent d’envisager les conséquences de nos comportements avant de les réaliser. A l’inverse, la confrontation à un environnement qu’on ne comprend pas est perçue comme menaçante. L’existence même de la capacité à s’adapter à l’environnement au travers des apprentissages répondant et opérant prouve l’importance des régularités de notre environnement : difficile d’apprendre dans un environnement en perpétuel changement.

Aussi, Samantha Heintzelman et ses collaborateurs ont fait l’hypothèse que la cohérence des stimuli de l’environnement entraînait une perception plus importante d’un sens à l’existence. Ils ont présenté aux participants de leur recherche des photos d’arbres en différentes saisons, en les classant dans un ordre « logique » (la succession des saisons depuis le printemps jusqu’à l’hiver) ou dans n’importe quel ordre. Puis ils ont demandé aux participants d’évaluer à quel point ils jugeaient que leur vie avait du sens. Les participants qui voyaient les photos d’arbres dans l’ordre logique déclaraient percevoir plus clairement un sens à leur existence. Le même effet était observé lorsque des séquences de 3 mots étaient présentées, selon qu’ils paraissaient associés entre eux ou non.

A l’évidence, la régularité ne fait pas tout. Il est des environnements hautement prédictibles (le milieu carcéral par exemple) qui ne sont certainement pas liés à un sentiment de vivre une vie riche de sens. Ce que met en évidence cette recherche, c’est certainement que le sens de l’existence découle d’une interaction entre un environnement relativement stable et la compréhension qu’on en a, l’interprétation qu’on en fait. Cela ne signifie pas qu’il faut trouver une explication à tout ce que nous vivons, mais peut-être que le fait de comprendre ses émotions comme des réactions logiques et normales conduit à les atténuer, en redonnant du sens, de la cohérence à ce qui est vécu.

Heintzelman, S. J., Trent, J., & King, L. A. (2013). Encounters with objective coherence and the experience of meaning in life. Psychological science, 24(6), 991-998.

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