La fusion cognitive est une chance pour les thérapeutes

Comme moi, il vous est arrivé de vous casser les dents sur la fusion d’un patient. Des conclusions sans appel sur soi, ou sur le monde, qui affectent, assomment, épuisent, le patient comme le thérapeute. Des « je ne le supporterai pas », « je suis nul », « ça ne sert à rien, j’ai toujours été comme ça », « les gens sont égoïstes », « on ne peut pas être heureuse quand on n’a pas été aimée par son père », etc. Absolus, définitifs, dont il semble impossible de se décaler, comme autant de descriptions indiscutables du monde. Pas facile pour le thérapeute de s’immiscer dans ces forteresses intellectuelles…

Souvent, on se décourage devant autant d’hermétisme. Les exercices de défusion aident bien, mais tout de même… Il n’est pas rare que le sentiment de ne pas y arriver apparaisse. Parfois devant l’ampleur de la fusion, à court d’idée, on se laisse aller à la controverse et l’échange tourne au débat intellectuel.

Si on voyait cette fusion si intense comme une chance plutôt qu’une malédiction ?

Il existe des liens forts entre la fusion et les valeurs. Pour tout dire, le mécanisme qui prévaut est sensiblement le même. Dans la fusion comme dans la capacité à être renforcé par des actions qui font sens pour soi, il s’agit de mots qui représentent davantage qu’ils ne sont. Dans la fusion comme dans les valeurs, il s’agit de se laisser prendre par les dérivations de fonctions qui font qu’une suite de phonèmes déclenche des vagues de relations et des tornades émotionnelles. En fait, on pourrait dire que les valeurs sont de la fusion bénéfique.

Donc, si vous avez la chance de rencontrer un patient dont les difficultés sont marquées du sceau de la fusion, c’est peut-être une belle opportunité de profiter de cette force pour la détourner à votre avantage, et à celui du patient. Fusionner avec ses valeurs, n’est-ce pas finalement ce qu’on souhaite toutes et tous ?

Voyez-vous l’augmental ici ?

1 comment for “La fusion cognitive est une chance pour les thérapeutes

  1. Julia El Kallassi
    mai 30, 2020 at 9:59

    Les exercices de défusion aident bien, et parfois aussi, amener le patient à accepter sa responsabilité dans le changement, à la Yalom.
    Tout à fait d’accord qu’une fusion intense peut être « bénéfique ». J’ai entendu une patiente dire, entre deux moments de « pleine conscience » 🙂 , qu’elle avait besoin, pour faire face à certaines situations particulières, de ce qu’elle a appelé « le bruit » de cette « tornade » suscitée par ses pensées, ses émotions… J’ai trouvé son commentaire bien placé pour illustrer le bénéfice des « fusions » bien orientées (vers l’action!)

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