Qui suis-je?

PhotoJL MonestesDifficile de répondre à cette question lorsqu’on a passé près de 200 pages à démontrer que « Je » n’existe pas, mais il faut parfois être pragmatique et savoir se présenter…

Même si le temps fait toujours cruellement défaut, je n’ai jamais pu me résoudre à faire un choix entre le travail clinique avec les patients et la recherche. Mon cursus a été double, et les fonctions que j’ai occupées pendant 15 ans dans des services universitaires de psychiatrie m’ont permis de garder des activités multiples, réparties entre psychothérapie, recherche et enseignement. Au quotidien, j’apprécie les bénéfices de ces allers-retours : mon travail auprès des patients me conduit à formuler des questions de recherche sur la base de leurs difficultés concrètes, et mes activités de chercheur enrichissent ma pratique clinique au travers de l’application des avancées de la recherche.

Mes titres et diplômes sont à l’image de cette approche mixte : je suis titulaire d’un Master de psychologie et du titre de psychothérapeute, Docteur en psychologie, et titulaire de l’Habilitation à Diriger des Recherches. De la même façon, mes publications se répartissent entre articles et ouvrages scientifiques et livres à destination du grand public.

C’est au travers de mes activités d’enseignement que s’incarne le plus naturellement ma volonté de rendre la psychologie et la psychothérapie accessibles. Mais cette volonté dépasse le cadre pédagogique. Je pense en effet qu’il est nécessaire de démystifier notre discipline partout où elle s’incarne. A l’évidence, nous sommes loin de tout comprendre en matière de psychologie, et les phénomènes de pensée comme les émotions fourmillent de mécanismes contre-intuitifs. Notre objet d’étude est aussi difficile à observer directement. Mais cela ne donne en rien à notre discipline un statut à part, magique, étrange, pour lequel il faudrait convoquer des explications nécessairement ésotériques.

Si je regarde mes activités et mes choix épistémologiques jusqu’à aujourd’hui, ils sont le reflet de cette volonté d’utiliser la psychologie pour ce à quoi elle est destinée : comprendre la complexité du comportement et rendre accessibles ces connaissances au plus grand nombre, sans sacrifier au simplisme, afin que chacun accède à une découverte la plus utile possible de lui-même.