Conseil de prévention ACT en période de confinement

Le confinement va nous permettre de juguler cette épidémie, mais il nous prive de nombreuses activités qui habituellement nous nourrissent et nous permettent de nous épanouir.

Bien entendu, en cette période d’inquiétude, on peut être tentés de consacrer beaucoup de temps à des activités de distraction assez passives, comme regarder des séries ou des films. Elles ont pour vertu de faire passer le temps et de faire penser un peu à autre chose. Les différents fournisseurs de contenu ne s’y sont pas trompés : nombreux sont les bouquets télé qui nous proposent un accès à leurs chaînes gratuitement, dans un mouvement faussement altruiste et résolument commercial…

Il ne faut pas se priver de ces distractions bien entendu. Un bon film peut être sympa évidemment. Pourtant, ces « distractions » -un nom qui doit nous mettre la puce à l’oreille- ne nous nourrissent guère psychologiquement. A l’instar de « calories vides », ce sont des actions psychologiquement un peu vides.

Alors, quoi faire ? Encore plus que d’habitude, il est important de se prévoir des actions en direction de ce qui nous permet d’être en harmonie avec nous-mêmes, en harmonie avec ce qui compte pour nous. Bien que limité.e.s dans nos activités, il est tout à fait possible de trouver des actions allant en direction de ce qui nous nourrit, de décliner nos valeurs en une multitude de buts accessibles.

Globalement, la démarche consiste à

  1. Repérer les activités qui vous font vous sentir vivants, au cours desquelles vous ressentez une évidence, une simplicité et une fluidité, pendant lesquelles vous vous dites « ça me correspond » ou « c’est moi », même si ces actions sont par certains côtés difficiles, voire pénibles. Il s’agit de mieux connaître ce qui compte vraiment pour soi. On le repère également, en creux, dans ce qu’on redoute de perdre. Là sont vos valeurs.
  2. Identifiez ce qui vous fait vibrer dans ces activités. Un « truc » consiste à essayer de qualifier ce que représente ces actions pour vous, et de le désigner par un mot. Il peut s’agir du fait d’explorer, de partager, de protéger, de créer, d’être libre, etc.
  3. Choisissez des actions simples, réalisables sans condition, avec ce dont vous disposez immédiatement sous la main, qui vont dans le sens de vos valeurs identifiées dans les actions réalisées habituellement.
  4. Mettez en œuvre régulièrement ces actions !

Il est aussi important de repérer en quoi les actions que vous réalisez déjà incarnent également vos valeurs. Vous ne faites pas que cuisiner, vous créez ; vous n’êtes pas uniquement occupé à faire le ménage, vous protégez les autres, etc.

Alors n’en gaspillez pas une miette. Chaque jour de confinement est aussi un jour à part entière. Ne perdez pas une occasion de l’incarner comme vous le souhaitez au simple prétexte que tout n’est pas disponible comme à l’habitude.

Nous avons un peu moins à disposition, mais il nous reste l’essentiel : notre capacité à être en lien avec des symboles qui nous nourrissent, à vivre avec du sens.

Et Netflix, bien entendu… 🙂

Crédit photo : @INSTAGUILHERME

4 comments for “Conseil de prévention ACT en période de confinement

  1. Coralie Delaune
    mars 22, 2020 at 9:18

    Bonjour à tous!
    Merci Jean-Louis pour cet article qui nous rappelle que les choses importantes se nichent aussi dans les gestes les plus simples et les conditions de vie que l’on peut penser adverses… Je vous partage ici un petit texte écrit à l’attention des soignants de la structure dans laquelle je bosse… Parce que trouver du sens là où il peut sembler ne pas y en avoir est un exercice que nous pouvons partager collectivement !

    Il arrive que le contexte mette à rude épreuve nos capacités émotionnelles…
    La crise sanitaire que nous traversons en est un bel exemple !
    Comment redonner du sens à notre action de soignants alors que nous sommes nombreux à être envahis par la peur, l’angoisse, l’incompréhension voire la colère ?
    La Thérapie d’Acceptation et d’Engagement (ACT) peut nous aider à repenser notre présence au travail, dans ce contexte inédit.
    Redonner du sens à l’existence grâce à la clarification de nos valeurs est l’un des objectifs de l’ACT.
    « Suis-je trop sensible, trop fragile ? », « J’ai peur, je préférerais être confiné chez moi », « Pourquoi est-ce que je m’inquiète autant ? » « Je ne me reconnais pas… » sont quelques-unes des pensées qui peuvent nous avoir à tous traversé la tête… Elles peuvent nous donner l’impression de nous empêcher d’avancer, voire de nous paralyser…
    Et si nous allions explorer les valeurs, les choses importantes, qui se cachent derrière ces émotions, derrière ces questionnements, pour nous redonner la capacité d’avancer ?
    « J’ai peur de contaminer les patients, même si je suis asymptomatique ? »… Peut-être est-ce parce que je me suis engagé dans ce métier pour prendre soin des autres, parce que je veux soulager la souffrance ou tout du moins ne pas la générer ?
    « Et si je faisais courir un risque à ma famille ? ». Mon angoisse, que je peux considérer comme un problème, est le signe que ces personnes me sont chères, que j’ai à cœur de les protéger. Elle est le témoin de l’amour que je leur porte.
    « Je suis en colère, on ne nous donne pas les moyens de nous protéger… ». Cette émotion, toute légitime qu’elle puisse être et sans nier les réelles questions de responsabilité qu’elle soulève, vient nous dire notre besoin, en tant que soignants, d’être accompagnés, d’être considérés ou de se sentir partie d’un collectif porteur de sens…
    Et si nous profitions de cette épreuve, collectivement, pour essayer d’en tirer le meilleur, pour scruter ce qu’elle nous apprend sur nous-mêmes, sur nos besoins et sur ce qui nous met en action ?
    Et si nous transformions la fonction de nos émotions pour redonner du sens à notre engagement en tant que personne et en tant que soignant ?
    Et si nous envisagions cette crise comme une opportunité de développer notre capacité d’empathie, en expérimentant la difficulté de ce que l’on demande chaque jour à nos patients… Faire une place à nos émotions et ressentis douloureux, afin de nous permettre de nous approcher au plus près de ce qui compte et de maintenir notre engagement.

    • JL Monestès
      mars 22, 2020 at 9:31

      Un grand merci de ce partage Coralie!

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