L’évitement d’expérience, principal déterminant de l’anxiété sociale

95px-Smiley_green_alien_red.svgTodd B. Kashdan et ses collaborateurs ont fourni à 43 patients souffrant d’anxiété sociale un ordinateur de poche leur permettant d’indiquer les émotions ressentis au cours de leurs interactions sociales. L’intérêt de cette méthodologie est de recueillir quasiment en direct des informations quant aux émotions ressenties, et d’observer les réactions à ces émotions. En comparaison des participants d’un groupe contrôle, ces patients ressentaient moins d’émotions positives et évitaient plus souvent l’expérience ressentie. Pourtant, l’ampleur des émotions négatives ressenties ne distinguait pas les patients des participants du groupe contrôle.

C’est donc avant tout l’évitement d’expérience qui déterminerait l’anxiété sociale pathologique, et non les émotions négatives ressenties au moment de l’interaction.

Enfin, pour la petite histoire, le titre de ce billet aurait pu (dû?) être « l’évitement d’expérience, principal symptôme de tous les troubles psy », puisque de nombreux travaux ont montré sa contribution à la perte de flexibilité psychologique, considérée dans l’ACT comme étiologique des troubles psychologiques.

Source: Kashdan, T. B., Farmer, A. S., Adams, L. M., Ferssizidis, P., McKnight, P. E., & Nezlek, J. B. (2013, July 1). Distinguishing Healthy Adults From People With Social Anxiety Disorder: Evidence for the Value of Experiential Avoidance and Positive Emotions in Everyday Social Interactions. Journal of Abnormal Psychology. Advance online publication. doi:10.1037/a0032733

L’article complet est à télécharger sur le site de Todd Kashdan

2 comments for “L’évitement d’expérience, principal déterminant de l’anxiété sociale

  1. 6 janvier 2014 at 11 h 41 min

    Dans l’article je trouve ceci:  » Rigid attempts to avoid anxious thoughts and feelings »

    J’aime beaucoup que le mot « rigide » y est explicitement ajouté, car cela laisse comprendre qu’il y aussi des façons flexibles d’éviter des expériences…

    • 6 janvier 2014 at 11 h 46 min

      Exactement!
      Nous sommes même de plus en plus nombreux à penser que c’est le caractère rigide qui pose problème (c’est à dire la perte de flexibilité psychologique en présence d’expériences difficiles), plus encore que le fait qu’il s’agisse d’évitement d’expérience.

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